jeudi 5 mars 2015

Colloque Heidegger & "les juifs" (Paris, 23 janvier 2015)


 L'universel et l'annihilation. L'antisémitisme onto-historial de Heidegger, par Peter Trawny, Bibliothèque Nationale de France, Paris, 23 janvier 2015



"La politique de Heidegger" par Peter Sloterdijk
Bibliothèque nationale de France. Paris, 23 janvier 2015

Lien sur > les autres interventions

Notice d'Arte

Martin Heidegger était antisémite. C'est la thèse défendue par le professeur de philosophie Peter Trawny, responsable de la publication l'an dernier en Allemagne des notes personnelles du philosophe, réunies dans les fameux "Carnets noirs". L'ouvrage révèle un Heidegger non seulement membre du parti nazi (ce que l'on savait déjà), mais aussi antisémite (ce que ses défenseurs niaient). De quoi alimenter les débats entre ceux qui dénoncent un dangereux philosophe et ceux qui considèrent, malgré tout, qu'il nous aide à envisager le monde contemporain...

En savoir plus...

Le programme détaillé du colloque, sur le site de la bibliothèque nationale de France
Le colloque international "Heidegger et les juifs", qui se tient du 22 au 25 janvier à la bibiliothèque nationale de France et au centre culturel irlandais à Paris, "n’entend pas uniquement statuer sur Heidegger et le judaïsme, ni sur Heidegger et l’antisémitisme, ni même sur Heidegger et les juifs", préviennent les organisateurs. "Il s’agit pour nous de considérer ou de reconsidérer la figure d’un des plus importants philosophes du XXe siècle et de nous interroger : en quoi et pourquoi le judaïsme, demeure-t-il pour Heidegger de l’ordre d’une dette impensée ?"
Ce jeudi à 18h30, les philosophes Alain Finkielkraut ("Comment ne pas être heideggerien ?") et Jean-Claude Milner ("Heidegger contre la langue allemande : les enjeux du nom juif") inaugureront le cycle de conférences. Jusqu'à dimanche interviendront entre autres Peter Sloterdijk ("La politique de Heidegger"), François Fédier ("Heidegger et le monde juif"), Bernard-Henri Lévy ("Comment peut-on être heideggerien ?"), Peter Trawny, Barbara Cassin, Donatella di Cesare, Yves-Charles Zarka, Yann Moix…
- See more at: http://info.arte.tv/fr/martin-heidegger-et-les-juifs#sthash.Jq9t3LuH.dpuf
Martin Heidegger était antisémite. C'est la thèse défendue par le professeur de philosophie Peter Trawny, responsable de la publication l'an dernier en Allemagne des notes personnelles du philosophe, réunies dans les fameux "Carnets noirs". L'ouvrage révèle un Heidegger non seulement membre du parti nazi (ce que l'on savait déjà), mais aussi antisémite (ce que ses défenseurs niaient). De quoi alimenter les débats entre ceux qui dénoncent un dangereux philosophe et ceux qui considèrent, malgré tout, qu'il nous aide à envisager le monde contemporain....

Le colloque international "Heidegger et les juifs", qui se tient du 22 au 25 janvier à la bibliothèque nationale de France et au centre culturel irlandais à Paris, "n’entend pas uniquement statuer sur Heidegger et le judaïsme, ni sur Heidegger et l’antisémitisme, ni même sur Heidegger et les juifs", préviennent les organisateurs. "Il s’agit pour nous de considérer ou de reconsidérer la figure d’un des plus importants philosophes du XXe siècle et de nous interroger : en quoi et pourquoi le judaïsme, demeure-t-il pour Heidegger de l’ordre d’une dette impensée ?"

Ce jeudi à 18h30, les philosophes Alain Finkielkraut ("Comment ne pas être heideggerien ?") et Jean-Claude Milner ("Heidegger contre la langue allemande : les enjeux du nom juif") inaugureront le cycle de conférences. Jusqu'à dimanche interviendront entre autres Peter Sloterdijk ("La politique de Heidegger"), François Fédier ("Heidegger et le monde juif"), Bernard-Henri Lévy ("Comment peut-on être heideggerien ?"), Peter Trawny, Barbara Cassin, Donatella di Cesare, Yves-Charles Zarka, Yann Moix…
Martin Heidegger était antisémite. C'est la thèse défendue par le professeur de philosophie Peter Trawny, responsable de la publication l'an dernier en Allemagne des notes personnelles du philosophe, réunies dans les fameux "Carnets noirs". L'ouvrage révèle un Heidegger non seulement membre du parti nazi (ce que l'on savait déjà), mais aussi antisémite (ce que ses défenseurs niaient). De quoi alimenter les débats entre ceux qui dénoncent un dangereux philosophe et ceux qui considèrent, malgré tout, qu'il nous aide à envisager le monde contemporain...

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Le programme détaillé du colloque, sur le site de la bibliothèque nationale de France
Le colloque international "Heidegger et les juifs", qui se tient du 22 au 25 janvier à la bibiliothèque nationale de France et au centre culturel irlandais à Paris, "n’entend pas uniquement statuer sur Heidegger et le judaïsme, ni sur Heidegger et l’antisémitisme, ni même sur Heidegger et les juifs", préviennent les organisateurs. "Il s’agit pour nous de considérer ou de reconsidérer la figure d’un des plus importants philosophes du XXe siècle et de nous interroger : en quoi et pourquoi le judaïsme, demeure-t-il pour Heidegger de l’ordre d’une dette impensée ?"
Ce jeudi à 18h30, les philosophes Alain Finkielkraut ("Comment ne pas être heideggerien ?") et Jean-Claude Milner ("Heidegger contre la langue allemande : les enjeux du nom juif") inaugureront le cycle de conférences. Jusqu'à dimanche interviendront entre autres Peter Sloterdijk ("La politique de Heidegger"), François Fédier ("Heidegger et le monde juif"), Bernard-Henri Lévy ("Comment peut-on être heideggerien ?"), Peter Trawny, Barbara Cassin, Donatella di Cesare, Yves-Charles Zarka, Yann Moix…
Les "Carnets noirs" et l'antisémitisme, un reportage de Moritz Wulf et David Bornstein (mars 2014)
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Martin Heidegger était antisémite. C'est la thèse défendue par le professeur de philosophie Peter Trawny, responsable de la publication l'an dernier en Allemagne des notes personnelles du philosophe, réunies dans les fameux "Carnets noirs". L'ouvrage révèle un Heidegger non seulement membre du parti nazi (ce que l'on savait déjà), mais aussi antisémite (ce que ses défenseurs niaient). De quoi alimenter les débats entre ceux qui dénoncent un dangereux philosophe et ceux qui considèrent, malgré tout, qu'il nous aide à envisager le monde contemporain...

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Le programme détaillé du colloque, sur le site de la bibliothèque nationale de France
Le colloque international "Heidegger et les juifs", qui se tient du 22 au 25 janvier à la bibiliothèque nationale de France et au centre culturel irlandais à Paris, "n’entend pas uniquement statuer sur Heidegger et le judaïsme, ni sur Heidegger et l’antisémitisme, ni même sur Heidegger et les juifs", préviennent les organisateurs. "Il s’agit pour nous de considérer ou de reconsidérer la figure d’un des plus importants philosophes du XXe siècle et de nous interroger : en quoi et pourquoi le judaïsme, demeure-t-il pour Heidegger de l’ordre d’une dette impensée ?"
Ce jeudi à 18h30, les philosophes Alain Finkielkraut ("Comment ne pas être heideggerien ?") et Jean-Claude Milner ("Heidegger contre la langue allemande : les enjeux du nom juif") inaugureront le cycle de conférences. Jusqu'à dimanche interviendront entre autres Peter Sloterdijk ("La politique de Heidegger"), François Fédier ("Heidegger et le monde juif"), Bernard-Henri Lévy ("Comment peut-on être heideggerien ?"), Peter Trawny, Barbara Cassin, Donatella di Cesare, Yves-Charles Zarka, Yann Moix…
Les "Carnets noirs" et l'antisémitisme, un reportage de Moritz Wulf et David Bornstein (mars 2014)
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samedi 3 janvier 2015

Thomas Piketty

Le capital au XXIe siècle - Réunion-débat avec Thomas Piketty (1h54)
Organisée par les Amis du Monde diplomatique de Paris
Le jeudi 13 mars 2014 à l'École Normale Supérieure - Paris

L'auteur de la vidéo (Lanval Monrouzeau) a ajouté les informations suivantes :

Chapitres de la vidéo

Introduction (0:00:00)
Plan de la présentation (0:11:02)
Le retour d'une société patrimoniale (0:15:55)
La concentration du patrimoine (0:45:46)
L'inégalité en Amérique (1:05:51)
Conclusions (1:15:21)
Première série de questions (1:18:35)
Deuxième série de questions (1:42:51)

Présentation de l'auteur

Thomas Piketty est Directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS) et professeur à l'École d'économie de Paris ; il a notamment publié "Les Hauts Revenus en France au XXe siècle" (Grasset, 2001), avec C. Landais et E. Saez, "Pour une révolution fiscale" (Seuil/La République des idées, 2011) et "Peut-on sauver l'Europe ?" (Les Liens qui libèrent, 2012).

Présentation du livre

Le capital au XXIe siècle
Thomas Piketty
Editeur : Seuil (30 août 2013)
Collection : Les Livres du Nouveau Monde
Broché: 970 pages
ISBN-10: 2021082288
ISBN-13: 978-2021082289

La répartition des richesses est l'une des questions les plus débattues aujourd'hui. Pour les uns, les inégalités n'en finiraient pas de se creuser dans un monde toujours plus injuste. Pour les autres, on assisterait à une réduction naturelle des écarts et toute intervention risquerait de perturber cette tendance harmonieuse. Mais que sait-on vraiment de l'évolution des inégalités sur le long terme ? En réalité, les analyses économiques supposées nous éclairer se fondent plus souvent sur des spéculations théoriques que sur des faits établis.

Fruit de quinze ans de recherches, cette étude, la plus ambitieuse jamais entreprise sur cette question, s'appuie sur des données historiques et comparatives bien plus vastes que tous les travaux antérieurs. Parcourant trois siècles et plus de vingt pays, elle renouvelle entièrement notre compréhension de la dynamique du capitalisme en situant sa contradiction fondamentale dans le rapport entre la croissance économique et le rendement du capital.

Si la diffusion des connaissances apparaît comme la force principale d'égalisation des conditions sur le long terme, à l'heure actuelle, le décrochage des plus hautes rémunérations et, plus encore, la concentration extrême des patrimoines menacent les valeurs de méritocratie et de justice sociale des sociétés démocratiques.

En tirant de l'expérience des siècles passés des leçons pour l'avenir, cet ouvrage montre que des moyens existent pour inverser cette tendance.

Extraits du livre en ligne :
http://www.seuil.com/extraits/9782021... (les 82 premières pages !)

_________________________________________________

J'ajoute en complément le lien sur cette autre conférence qui a eu lieu le 2 Avril 2014 et qui portait également sur l’ouvrage « Le Capital au XXIe siècle ».
Aux côtés de Thomas Piketty sont intervenus : Katia Béguin (EHESS), Michel Forsé (CNRS), Alessandro Stanziani (EHESS).
Organisée par les Cercles de formation de l’EHESS et animée par Sébastien Lechevalier (EHESS), le débat est disponible sur Canal-U :
Lien sur la première partie - Lien sur la seconde partie

mercredi 31 décembre 2014

Alain Badiou / Thomas Piketty


Précision de médiapart : 

Pour la reprise de notre émission « Contre-Courant », une rencontre exceptionnelle entre le philosophe Alain Badiou et l'économiste Thomas Piketty. Au programme bien sûr le rapport de Thomas Piketty à la pensée de Marx et à l'idée de révolution mais surtout une discussion sur les chances d’une réforme de la société qui passerait par une nouvelle répartition des revenus et non par une série de conflits violents. 

Date de mise en ligne sur DM : 14/10/2014

vendredi 19 décembre 2014

Michel Jouvet sur le sommeil et les rêves

Le neurophysiologiste Michel Jouvet est ici interviewé à Montréal par P. Maisonneuve

Articles du Prof. Jouvet en libre accès sur > le site de l'Université de Lyon1

Bibliographie sommaire de ses ouvrages plus généraux (Wikipédia)
  • Neurophysiologie des états de sommeil, Paris, CNRS,‎ 1965.
  • (it) La Natura del Sogno, Rome, Theoria,‎ 1991.
  • Le sommeil et le rêve, Paris, Odile Jacob,‎ 1992.
  • Le château des songes, Paris, Odile Jacob,‎ 1992.
  • Le Grenier des rêves, Paris, Odile Jacob,‎ 1997.
  • Où, quand, comment : Pourquoi rêvons-nous, pourquoi dormons-nous ?, Paris, Odile Jacob,‎ 2000.
  • Le voleur de songes, Paris, Odile Jacob,‎ 2004.
  • De la science et des rêves : mémoires d'un onirologue, Paris, Odile Jacob,‎ 2013.

lundi 8 septembre 2014

Marcel Gauchet - Liberté et pouvoir


Texte du diffuseur

"Il paraissait aller de soi que la liberté des personnes se prolongeait dans le pouvoir des peuples. L'évolution des démocraties libérales impose à cet égard une révision déchirante. Et si les libertés avaient pour effet de nous priver de pouvoir ?" - En avant-première des Rencontres de Sophie (14 au 16 février 2014 à Nantes), Marcel Gauchet a donné une conférence exceptionnelle organisée par l'association Philosophia et l'Université de Nantes (Direction culture et initiatives), en partenariat avec le Théâtre universitaire, sur le thème "Liberté et pouvoir".

dimanche 1 juin 2014

Godard 2014


Jean-Luc Godard, France Inter, 21 mai 2014

dimanche 13 avril 2014

1977 | "Les nouveaux philosophes sont-ils de droite ou de gauche ?"


Apostrophes du 27 mai 1977

Présentation de l'INA

Sur le thème de la "nouvelle philosophie", Bernard PIVOT a réuni quelques philosophes face à deux auteurs dont l'ouvrage suscite quelques polémiques.Maurice CLAVEL, avec sa fougue habituelle parle de son ouvrage "Nous l'avons tous tué, ce juif de Socrate».André GLUCKSMANN parle de son livre "Les Maîtres penseurs" et du rôle des convictions marxistes dans l'évolution de la pensée philosophique. Bernard-Henri LEVY à propos de son livre "La Barbarie à visage humain" définit sa conception d'une philosophie qu'il considère comme pessimiste.Face à eux donc, François AUBRAL et Xavier DELCOURT présentent leur ouvrage dans lequel ils s'insurgent "Contre la nouvelle philosophie".Après que Maurice CLAVEL eut réhabilité Socrate, chaque participant donne sa définition de la nouvelle philosophie. Pour André GLUCKSMANN et Bernard-Henri LEVY, les nouveaux philosophes sont nés en 1968 et sont anti-marxistes. Selon LEVY "le socialisme est une forme de barbarie" et André GLUCKSMAN montre que l'idéologie marxiste est responsable des camps de concentration russes. Ces thèses sont réfutées par François AUBRAL et Xavier DELCOURT qui trouvent cette philosophie "nulle et vide", puis tous commentent la phrase de Maurice CLAVEL : "le philosophe est un amoureux de révolution culturelle". 

samedi 12 avril 2014

Alain Badiou / Michel Onfray




 Présentation de Médiapart

Pour cette nouvelle édition de « Contre-courant », Alain Badiou et Aude Lancelin reçoivent Michel Onfray, fondateur de l’Université populaire de Caen, auteur de nombreux ouvrages de philosophie depuis le Ventre des philosophes, paru en 1989 aux éditions Grasset. Figure désormais très médiatique du paysage intellectuel français, auteur de best-sellers controversés comme le Traité d’athéologie ou Le Crépuscule d’une idole, brûlot consacré à Freud en 2010, Michel Onfray se réclame aussi, on le sait, d’une gauche libertaire, anti-antiautoritaire et autogestionnaire. 

Au programme de la discussion du jour : la nomination de Manuel Valls comme premier ministre, l’avenir de l’internationalisme, la question de l’individu face au capitalisme mondialisé, la vitalité de l’Islam face à un monde occidental en plein doute, la guerre continuée à travers les époques de figures intellectuelles comme Sartre et Camus. Autant de questions politiques et philosophiques conflictuelles évoquées au cours de cette heure d’entretien.

vendredi 23 août 2013

A propos de Pierre Bourdieu (France-Culture, 2012)



Description par France-Culture

Le 23 avril 1982, Pierre Bourdieu prononce sa leçon inaugurale au Collège de France. C'est l'aboutissement d'une carrière universitaire exemplaire pour le sociologue.
Avec des livres majeurs comme Les Héritiers (1964), La Reproduction (1970), la Distinction (1979) ou le Sens pratique (1980), il s'est imposé comme une figure intellectuelle majeure en France.
C'est aussi une figure très contestée : ses théories et sa position de sociologue critique, engagé au coté des "dominés" trouvent de nombreux opposants.
Pierre Bourdieu n'est pas consensuel et le sera encore moins dans les années 90 quand il multiplie les prises de positions publiques contre le néo-libéralisme et pour les mouvements sociaux contestataires.
10 ans après sa mort, son influence dans le champ de la sociologie ne se dément pas. L'occasion d'un retour sur sa vie et son œuvre.

Avec :
Luc Boltanski, sociologue, EHESS
Robert Castel, sociologue, EHESS
Philippe Coulangeon, sociologue de la culture, CNRS
Annick Coupé, syndicaliste, déléguée générale de l'union syndicale "Solidaires"
Thomas Ferenczy, journaliste, ex-Médiateur du "Monde"
André Miquel, professeur honoraire au Collège de France
Gisèle Sapiro, sociologue, directrice du Centre de Sociologie Européenne.
Tassadit Yassine, anthropologue

jeudi 15 août 2013

A propos d'un changement de paradigme

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Voici quelques réflexions avec, pour point de départ, la question de l'utilité de cette espèce d'écriture pratiquée, ici comme ailleurs, par d'innombrables anonymes et parfaits inconnus, dont moi-même, dans le cadre des nouvelles agoras électroniques appelées blogs (weblogs) : même si les censures commencent à se faire plus insidieuses, pressantes, on peut encore parler de liberté d'expression, du moins dans nos pays dits démocratiques, où ce droit est ancré dans la Constitution...


Les pays totalitaires n'accordent pas la liberté de parole à leurs citoyens, qui doivent trouver d'autres moyens pour communiquer leur opposition à l'ordre établi ou à l'idéologie dominante. Le dramaturge Bertolt Brecht
(1898-1956), qui a pourtant lui-même choisi un pays en voie de "totalitarisation" (la RDA) pour y finir ses jours, utilisa naguère l'expression de "langage d'esclaves" (Sklavensprache) pour décrire une façon de coder les messages qui deviennent obscurs pour le pouvoir tout en restant intelligibles pour les camarades.






Ce codage et la nécessité de rendre en apparence inintelligibles les messages subversifs ont produit et produisent encore un certain nombre d’œuvres intéressantes (romans, théâtre, essais)...

Mais qu'en est-il ici et maintenant, où l'on peut dire tout et son contraire, tout et n'importe quoi, pourvu que l'on ne diffame personne, que l'on n'appelle pas à la haine ou à la violence, et que l'on s'exprime correctement ? Quel serait le message subversif, qu'il est - ici et maintenant - permis d'exprimer en clair ?

Il est en tout cas permis de penser ce paradoxe : nous vivons une sorte de terrorisme économique, car depuis 40 ans (1973 très exactement) le chômage ne cesse d'augmenter, les États sont pris dans l'étau d'une dette et d'une crise sans doute (du moins en partie) artificielles qui génèrent une réduction drastique des services publics et des avantages sociaux conquis un siècle durant de haute lutte, nous vivons donc dans une sorte de totalitarisme très nouveau ("ultra-moderne") où il est pourtant possible de s'exprimer librement !

C'est d'ailleurs le seul alibi qui reste à nos sociétés ultra-libérales pour ne pas être taxées de totalitaires : la "liberté"...

Souvenez-vous : quelle liberté que de circuler en voiture où bon vous semble... de téléphoner à tout le monde d'un peu partout...


Or, à la campagne la voiture est devenu une contrainte, puisque les petites gares et lignes de bus ont été fermées les unes après les autres. Et le téléphone mobile vous oblige, en bon professionnel que vous êtes (si vous avez l'immense privilège d'avoir un job), d'être joignable n'importe quand, n'importe où...

Mais, demanderez-vous peut-être, quel rapport avec la liberté d'expression et les blogs ? - Ma réponse provisoire serait celle-ci : devant l'énorme masse de messages nés de cette liberté d'expression à l'ère de la globalisation digitale (en français : "mondialisation numérique"), plus personne - pas même les services à la pointe de la technologie - ne saurait séparer l'important de l'accessoire, le grain de l'ivraie et tout ce que vous voudrez. Autrement dit, dans ce chaos de paroles, dans cette immense cacophonie planétaire, je vous défie de passer n'importe quel message, qu'il soit d'ailleurs subversif ou tout simplement sensé, si vous faites partie de ce milliard de scribouillards anonymes (et probablement même si vous vous êtes "fait un nom"). Dans ce brouhaha global, que les experts en communication surnomment le "bruit", il ne serait tout simplement pas entendu : une façon très astucieuse de réduire tout le monde au silence par une gigantesque overdose de parole au nom de la liberté d'expression !