dimanche 27 janvier 2019

Richard Monvoisin (CorteX / Université de Grenoble)



Commentaire de l'uploader

Docteur en didactique des sciences, membre fondateur de CorteX et chercheur associé au laboratoire de zététique, Richard Monvoisin enseigne depuis 2004 la pensée critique à l'Université de Grenoble. - Il nous entretient de la démarche scientifique appliquée aux phénomènes paranormaux ainsi qu'aux faits sociaux et politiques. - Ces vidéos s'inscrivent dans le projet "Lazarus" et viennent s'ajouter aux enregistrements, déjà disponibles, des propos d'Henri Broch, James Alcock, Normand Baillargeon ou Jean-Léon Beauvois, autant d'auteurs qui apportent un éclairage original et pertinent sur ces domaines qui nous passionnent (juin 2012),

lundi 24 septembre 2018

Dietmar Kamper († 2001) à Paul Virilio († 2018)

[Prière de consulter le copyright à la fin du texte]

DIETMAR KAMPER

Associations.
Sept thèses bannies sur l’art, la terreur et la civilisation.

(à Paul Virilio)



Un

Vers la fin du 12ème siècle, en l’an 1164, Rachid al-din Sinan, le redoutable vieillard de la montagne, à la tête des Assassins, révéla à son disciple favori les paroles que son propre maître, Hassan i Sabbah II, avait littéralement expulsées dans la forteresse d’Alamut : lors d’une célébration publique, le maître jeta le Coran, qu’il avait étudié des années durant, proclama la fin de la Loi et annonça le règne millénaire de la Liberté. "Rien n’est vrai, tout est permis" : ce fut là le mot d’ordre, l’entrée irrévocable dans la critique de la civilisation, la première ligne du canon d’une future profession de foi des Frères et Sœurs de l’Esprit Libre (comme dit Greil Marcus). Le blasphème est une bombe à retardement du "mal" avec l’effet immédiat d'une prise de distance et discrimination de l’ensemble du monde civilisé, faisant des Assassins, ces mangeurs de haschisch inoffensifs, des "meurtriers" à temps plein, à temps historique, à temps universel. De l’autre côté, la fin proclamée de la Loi dans les religions universelles, Islam inclus, a donné naissance à des incohérences similaires. Hassan i Sabbah II fit décapiter tous ceux qui ne voulaient ou ne pouvaient pas suivre le mot d’ordre, expédiant aussitôt les "affranchis" de la Loi dans une prison aux murs d’images de la liberté. Jamais depuis l'origine du monde, les hommes n’avaient été autant exposés à la contrainte et l'impitoyabilité d’un ciel vide.

dimanche 23 septembre 2018

Pierre Carles & Pierre Bourdieu : La Sociologie est un sport de combat (2001)


Un excellent documentaire sur Pierre Bourdieu du cinéaste non-conformiste Pierre Carles, qui sortit en 2001, peu avant le décès du penseur (1930-2002), Si ce film est librement accessible sur Internet, il n'empêche que l'on peut acquérir les DVD de Pierre Carles (de bien meilleure qualité visuelle et sonore) chez c-p productions et lui permettre ainsi de poursuivre l'aventure...

vendredi 21 septembre 2018

Paul Virilio (1932-2018)

PAUL VIRILIO ~ PENSER LA VITESSE
(DOCUMENTAIRE ARTE)


Tenter de penser notre monde et de le donner à comprendre à la télévision est une tâche délicate. D'abord, parce que le monde devient de plus en plus complexe. Ensuite, parce que la télévision a, globalement, démissionné sur ce terrain. Fort heureusement, quelques créneaux existent encore, du genre "Le monde vu par..." sur Arte. Ce soir, le journaliste Stéphane Paoli nous invite à mieux connaître la pensée d'un grand imprécateur contemporain : Paul Virilio.

Né en 1932 à Paris, urbaniste et philosophe, cet homme de sage apparence, auteur de nombreux essais sur la stratégie et la technologie, a de longue date placé au centre de sa réflexion la menace de "l'accident intégral". Cette hypothèse apocalyptique des temps modernes provient d'une analyse qui fait de la recherche de la vitesse le plus grand facteur de risque auquel s'expose la société moderne, pour ne pas dire l'humanité. Un rêve d'ubiquité et d'efficience qui, de la machine à vapeur au réseau mondialisé, laisserait de moins en moins de place au temps salutaire de la réflexion. 

Source / Suite  > LE MONDE | 15.01.2009

lundi 18 juin 2018

Les sujets du bac philo 2018

Les sujets L

Sujet 1: La culture nous rend-elle plus humain ? 

Sujet 2: Peut-on renoncer à la vérité ?

Sujet 3: Commentaire de texte :
Souvent nous ne savons pas ce que nous souhaitons ou ce que nous craignons. Nous pouvons caresser un souhait pendant des années entières, sans nous l’avouer, sans même en prendre clairement conscience ; c’est que l’intellect n’en doit rien savoir, c’est qu’une révélation nous semble dangereuse pour notre amour-propre, pour la bonne opinion que nous tenons à avoir de nous-mêmes ; mais quand ce souhait vient à se réaliser, notre propre joie nous apprend, non sans nous causer une certaine confusion, que nous appelions cet événement de tous nos vœux ; tel est le cas de la mort d’un proche parent dont nous héritons. - Et quant à ce que nous craignons, nous ne le savons souvent pas, parce que nous n’avons pas le courage d’en prendre clairement conscience. Souvent même nous nous trompons entièrement sur le motif véritable de notre action ou de notre abstention, jusqu’à ce qu’un hasard nous dévoile le mystère. Nous apprenons alors que nous nous étions mépris sur le motif véritable, que nous n’osions pas nous l’avouer, parce qu’il ne répondait nullement à la bonne opinion que nous avons de nous-mêmes. Ainsi, nous nous abstenons d’une certaine action, pour des raisons purement morales à notre avis ; mais après coup nous apprenons que la peur seule nous retenait, puisque, une fois tout danger disparu, nous commettons cette action.

SCHOPENHAUER, Le monde comme volonté et représentation (Die Welt als Wille und Vorstellung 1818)

Les sujets ES


Sujet 1: Toute vérité est-elle définitive ? 

Sujet 2: Peut-on être insensible à l'art ? 

Sujet 3: Commentaire de texte :
Quand nous obéissons à une personne en raison de l'autorité morale que nous lui reconnaissons, nous suivons ses avis, non parce qu'ils nous semblent sages, mais parce qu'à l'idée que nous nous faisons de cette personne, une énergie psychique d'un certain genre est immanente, qui fait plier notre volonté et l'incline dans le sens indiqué. Le respect est l'émotion que nous éprouvons quand nous sentons cette pression intérieure et toute spirituelle se produire en nous. Ce qui nous détermine alors, ce ne sont pas les avantages ou les inconvénients de l'attitude qui nous est prescrite ou recommandée ; c'est la façon dont nous nous représentons celui qui nous la recommande ou qui nous la prescrit. Voilà pourquoi le commandement affecte généralement des formes brèves, tranchantes, qui ne laissent pas de place à l'hésitation ; c'est que, dans la mesure où il est lui-même et agit par ses seules forces, il exclut toute idée de délibération et de calcul ; il tient son efficacité de l'intensité de l'état mental dans lequel il est donné. C'est cette intensité qui constitue ce qu'on appelle l'ascendant moral. Or, les manières d'agir auxquelles la société est assez fortement attachée pour les imposer à ses membres se trouvent, par cela même, marquées du signe distinctif qui provoque le respect.

DURKHEIM, Les Formes élémentaires de la vie religieuse (1912)

Les sujets S

Sujet 1: Le désir est-il la marque de notre imperfection ? 

Sujet 2: Éprouver l'injustice, est-ce nécessaire pour savoir ce qui est juste ? 

Sujet 3: Commentaire de texte :
Tous les phénomènes de la société sont des phénomènes de la nature humaine, produits par l'action des circonstances extérieures sur des masses d'êtres humains. Si donc les phénomènes de la pensée, du sentiment, de l'activité humaine, sont assujettis à des lois fixes, les phénomènes de la société doivent aussi être régis par des lois fixes, conséquences des précédentes. Nous ne pouvons espérer, il est vrai, que ces lois, lors même que nous les connaîtrions d'une manière aussi complète et avec autant de certitude que celles de l'astronomie, nous mettent jamais en état de prédire l'histoire de la société, comme celle des phénomènes célestes, pour des milliers d'années à venir. Mais la différence de certitude n'est pas dans les lois elles-mêmes, elle est dans les données auxquelles ces lois doivent être appliquées. En astronomie, les causes qui influent sur le résultat sont peu nombreuses ; elles changent peu, et toujours d'après des lois connues. Nous pouvons constater ce qu'elles sont maintenant, et par là déterminer ce qu'elles seront à une époque quelconque d'un lointain avenir. Les données, en astronomie, sont donc aussi certaines que les lois elles-mêmes. Au contraire, les circonstances qui influent sur la condition et la marche de la société sont innombrables, et changent perpétuellement ; et quoique tous ces changements aient des causes et, par conséquent des lois, la multitude des causes est telle qu'elle défie nos capacités limitées de calcul. Ajoutez que l'impossibilité d'appliquer des nombres précis à des faits de cette nature mettrait une limite infranchissable à la possibilité de les calculer à l'avance, lors même que les capacités de l'intelligence humaine seraient à la hauteur de la tâche.

MILL, Système de logique (A system of logic 1843)

Les sujets STMG

Sujet 1: L'expérience peut-elle être trompeuse ?

Sujet 2: Peut-on maîtriser le développement technique ?

Sujet 3: Commentaire de texte :
Il est vrai que, dans les démocraties, le peuple paraît faire ce qu'il veut : mais la liberté politique ne consiste point à faire ce que l'on veut. Dans un État, c'est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu'à pouvoir faire ce que l'on doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l'esprit ce que c'est que l'indépendance, et ce que c'est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent : et, si un citoyen pouvait faire ce qu'elles défendent, il n'aurait plus de liberté, parce que les autres auraient ce même pouvoir.

MONTESQUIEU, De l’Esprit des lois (1748)