mercredi 1 juillet 2020

Le Grand Continent - Onfray : fin de partie [1/7/2020]

Philochat signale cet article en accès libre publié par la revue en ligne Le Grand Continent, qui le présente ainsi:
 Il y a 10 ans, deux historiens français, Elisabeth Roudinesco et Guillaume Mazeau, consacraient deux études critiques aussi dures que documentées au travail de Michel Onfray à partir notamment de ses publications sur la révolution française et sur Sigmund Freud. En contraste avec l’image véhiculée par les médias d’un philosophe de gauche, travailleur acharné d’une histoire critique de la philosophie permettant une nouvelle émancipation populaire par la défense de la liberté, ils démontraient un usage superficiel et abondant d’auteurs, d’interprétations et d’imaginaires provenant directement de l’extrême droite, avec des penchants réactionnaires et parfois même antisémites. Dans cette séquence marquée par la parution de la revue Front Populaire et la recomposition politique qu’elle semble préparer, le Grand Continent a souhaité les inviter dans une longue conversation à proposer un aggiornamento de leurs lectures du cas Onfray.

sur > https://legrandcontinent.eu/fr/2020/07/01/onfray-fin-de-partie/

dimanche 17 mai 2020

Réflexions sur le droit à la parole

N.B. - À la relecture, l'intitulé "Réflexions sur le droit à la parole" peut paraître restrictif puisque le sujet s'est élargi au fil de l'écriture. Héritée des essais scientifiques, la numérotation des éléments de réflexion permet en effet d'intégrer des développements ultérieurs sans pour autant remettre en cause la progression de l'ensemble. Ainsi, le texte garde une ouverture sur les pensées à venir et résiste à toute "conclusion fermée". De ce fait, les commentaires sur les différents points seraient les bienvenus et pourraient donner lieu à de nouveaux inserts...

***

1. - Il faut être quelqu'un pour avoir le droit à la parole, c'est-à-dire: posséder une identité et un domaine de compétence reconnus.

1.1. - Le "droit à la parole" désigne plus précisément l'accès et la participation au débat public, où l'on touche un nombre plus ou moins important de personnes (lectorat, auditoire, téléspectateurs, followers).

1.1.1. - Or, les "anonymes" - anciens membres de la "majorité silencieuse" - restent largement exclus de la parole publique, à moins d'apparaître, à l'occasion, dans un montage où leur parole fonctionne alors comme justification (faire-valoir) d'un message sur lequel ils n'ont aucun contrôle. Ou encore de bénéficier, par exemple, du retweet d'une personnalité qui leur procure alors les fameuses "quinze minutes de célébrité" (Warhol).

1.2. - Dans ce contexte collectif, il faut évoquer le rôle des "influenceurs" et la notion de "tendance". Les messages qui se conforment à - ou confirment - une tendance relèvent pour la plupart du "remplissage" puisque c'est le nombre (de reposts, de likes) qui en détermine (mesure) la "popularité".

1.2.1. - Les influenceurs ou "faiseurs d'opinion" interviennent en particulier dans les domaines du commerce et de la politique. Au service de groupes d'intérêt, leur but est de susciter l'adhésion d'un nombre conséquent de personnes à une tendance afin d'influer sur - ou de modifier - les comportements.

1.2.2. - Si elles peuvent paraître spontanées, les tendances sont souvent créées de toutes pièces par des spécialistes, qui repèrent des "préférences" et des "ressentiments" au sein d'une population afin d'y susciter un engouement (pour un produit, une mode, une conviction etc.) ou un rejet (d'une politique, d'un discours officiel etc.).

1.2.3. - Indépendamment de ses contenus (revendications), le mouvement des Gilets Jaunes peut être considéré comme un cas spécial de "tendance de rejet" plus ou moins spontanée de la parole "officielle" (gouvernementale). Ce mouvement très clivant fait émerger deux camps: les pour et les contre. Il en ressort un caractère binaire, comparable à celui qui façonne les comportements en matière de mode: être in ("à la mode") ou out (out of style, démodé).

1.2.4. - On peut mener une réflexion similaire sur les mouvements de révolte de la jeunesse dans les années 1960/70. S'ils contestaient sans doute à juste titre le monde figé d'alors, ils étaient également proches d'un phénomène de mode, en particulier avec la culture pop, des festivals comme Woodstock, le mouvement hippie etc. On observe par ailleurs que les "combats politiques" avaient parfois un caractère "emprunté", comme le maoïsme ou le trotskisme des étudiants parisiens en 1968, qui ont ensuite été largement reniés par les intéressés (Glucksmann, Lévy, Cohn-Bendit et d'autres).

2. - Dans notre contexte, il faut entendre l'anonymat, non pas comme le refus de dire son nom, mais comme la condition de l'immense majorité des gens, dont l'identité et le domaine de compétence ne sont pas reconnus ou reconnaissables (1.).

vendredi 1 mai 2020

Jean-François Lyotard explique le post-moderne


Extrait de “Dialogues sur la condition post-moderne avec Vincent Descombes”, produit par Roger Pillaudin (France-Culture, 18 décembre 1979). [source: ubuweb]

Jean-François LYOTARD (1924-1998)

Études / Professorat

Né à Versailles, il fait ses études secondaires au lycée Louis-le-Grand à Paris, puis étudie la philosophie à la Sorbonne. Agrégé de philosophie en 1950 (reçu 4e), il enseigne au lycée de Constantine en Algérie de 1950 à 1952 puis il est professeur dans des lycées en métropole, notamment au Prytanée national militaire de La Flèche de 1952 à 1956. - Il enseigne à la Sorbonne entre 1959 et 1967, puis à l'Université Paris-Nanterre en 1967 et à l'université Paris-1-Sorbonne en 1970. Il soutient sa thèse de doctorat Discours, Figures, en 1971, à l'université Paris-Nanterre, sous la direction de Mikel Dufrenne. Il enseigne à l'université de Paris VIII (Vincennes) depuis 1972 jusqu'en 1987, où il devient professeur émérite. Il est alors professeur invité aux États-Unis, en particulier, à l'université de Californie, ainsi qu'à l'université de Montréal, à l'université de São Paulo. Il est l'un des membres fondateurs du Collège international de philosophie à Paris. Peu avant sa mort, il a enseigné à l'Université Emory. 

Choix de publications

    La Phénoménologie, Paris, Presses universitaires de France, (coll. Que sais-je ?), 1954.
    Discours, Figure, Klincksieck, 1971.
    Dérive à partir de Marx et de Freud, Paris, 10/18, 1973 ; 2e éd., Paris, Galilée, 1994.
    Des dispositifs pulsionnels, Paris, 10/18, 1973, 2e éd., Paris, Galilée, 1994.
    Économie libidinale, Paris, Minuit, 1974.
    Rudiments païens, Paris, Christian Bourgois, 1977.
    La Condition postmoderne : rapport sur le savoir, Paris, Minuit, 1979.
    Le Différend, Paris, Minuit, 1983.
    Heidegger et les Juifs, Paris, Galilée, 1988.
    Leçons sur l'analytique du sublime, Paris, Galilée, 1991.

[source: wikipedia]
  

dimanche 19 avril 2020

Edgar Morin, si tu nous entends !

Depuis le début du mois d'avril 2020, notre envoyé spécial sur le web enquête sur un "compte officiel" au nom d'Edgar Morin qui, fortement suspect d'être un faux, n'a toujours pas été authentifié ou supprimé par Twitter. Les éléments de l'enquête sont désormais disponibles sur philowatch, un nouveau blog consacré à l'imposture intellectuelle:

mardi 7 avril 2020

Edgar Morin, 6 avril 2020

Edgar Morin: « Nous devons vivre avec l'incertitude »

[ Source > Le Journal du CNRS (6/4/2020) ]
Confiné dans sa maison à Montpellier, le philosophe Edgar Morin reste fidèle à sa vision globale de la société. La crise épidémique, nous dit-il, doit nous apprendre à mieux comprendre la science et à vivre avec l’incertitude. Et à retrouver une forme d’humanisme. 
La pandémie du coronavirus a remis brutalement la science au centre de la société. Celle-ci va-t-elle en sortir transformée ?

Edgar Morin : Ce qui me frappe, c’est qu’une grande partie du public considérait la science comme le répertoire des vérités absolues, des affirmations irréfutables. Et tout le monde était rassuré de voir que le président s’était entouré d’un conseil scientifique. Mais que s’est-il passé ? Très rapidement, on s’est rendu compte que ces scientifiques défendaient des points de vue très différents parfois contradictoires, que ce soit sur les mesures à prendre, les nouveaux remèdes éventuels pour répondre à l’urgence, la validité de tel ou tel médicament, la durée des essais cliniques à engager… Toutes ces controverses introduisent le doute dans l’esprit des citoyens.

Vous voulez dire que le public risque de perdre confiance en la science ?

E.M. : Non, s’il comprend que les sciences vivent et progressent par la controverse. Les débats autour de la chloroquine, par exemple, ont permis de poser la question de l’alternative entre urgence ou prudence. Le monde scientifique avait déjà connu de fortes controverses au moment de l’apparition du sida, dans les années 1980. Or, ce que nous ont montré les philosophes des sciences, c’est précisément que les controverses font partie inhérente de la recherche. Celle-ci en a même besoin pour progresser. - Malheureusement, très peu de scientifiques ont lu Karl Popper, qui a établi qu’une théorie scientifique n’est telle que si elle est réfutable, Gaston Bachelard, qui a posé le problème de la complexité de la connaissance, ou encore Thomas Kuhn, qui a bien montré comment l’histoire des sciences est un processus discontinu. Trop de scientifiques ignorent l’apport de ces grands épistémologues et travaillent encore dans une optique dogmatique.

La crise actuelle sera-t-elle de nature à modifier cette vision de la science ?

E.M. : Je ne peux pas le prédire, mais j’espère qu’elle va servir à révéler combien la science est une chose plus complexe qu’on veut bien le croire – qu’on se place d’ailleurs du côté de ceux qui l’envisagent comme un catalogue de dogmes, ou de ceux qui ne voient les scientifiques que comme autant de Diafoirus (charlatan dans la pièce Le Malade imaginaire de Molière, Ndlr) sans cesse en train de se contredire… - La science est une réalité humaine qui, comme la démocratie, repose sur les débats d’idées, bien que ses modes de vérification soient plus rigoureux. Malgré cela, les grandes théories admises tendent à se dogmatiser, et les grands innovateurs ont toujours eu du mal à faire reconnaitre leurs découvertes. L’épisode que nous vivons aujourd'hui peut donc être le bon moment pour faire prendre conscience, aux citoyens comme aux chercheurs eux-mêmes, de la nécessité de comprendre que les théories scientifiques ne sont pas absolues, comme les dogmes des religions, mais biodégradables...

La catastrophe sanitaire, ou la situation inédite de confinement que nous vivons actuellement : qu’est-ce qui est, selon vous, le plus marquant ?

E.M. :
Il n’y a pas lieu d’établir une hiérarchie entre ces deux situations, puisque leur enchaînement a été chronologique et débouche sur une crise qu’on peut dire de civilisation, car elle nous oblige à changer nos comportements et change nos existences, au niveau local comme au niveau planétaire. Tout cela est un ensemble complexe. Si on veut l’envisager d’un point de vue philosophique, il faut tenter de faire la connexion entre toutes ces crises et réfléchir avant tout sur l’incertitude, qui en est la principale caractéristique. - Ce qui est très intéressant, dans la crise du coronavirus, c’est qu’on n’a encore aucune certitude sur l’origine même de ce virus, ni sur ses différentes formes, les populations auxquelles il s’attaque, ses degrés de nocivité… Mais nous traversons également une grande incertitude sur toutes les conséquences de l’épidémie dans tous les domaines, sociaux, économiques...

Mais en quoi ces incertitudes forment-elles, selon vous, le lien entre ces toutes ces crises ?

E.M. : Parce que nous devons apprendre à les accepter et à vivre avec elles, alors que notre civilisation nous a inculqué le besoin de certitudes toujours plus nombreuses sur le futur, souvent illusoires, parfois frivoles, quand on nous a décrit avec précision ce qui va nous arriver en 2025 ! L’arrivée de ce virus doit nous rappeler que l’incertitude reste un élément inexpugnable de la condition humaine. Toutes les assurances sociales auxquelles vous pouvez souscrire ne seront jamais capables de vous garantir que vous ne tomberez pas malade ou que vous serez heureux en ménage ! Nous essayons de nous entourer d’un maximum de certitudes, mais vivre, c’est naviguer dans une mer d’incertitudes, à travers des îlots et des archipels de certitudes sur lesquels on se ravitaille…


Suite et fin sur  > https://lejournal.cnrs.fr/articles/edgar-morin-nous-devons-vivre-avec-lincertitude

samedi 4 avril 2020

Philosophie au Collège de France

Vous pouvez consulter en ligne les cours du Collège de France.
Le programme vous permet de prendre connaissance
des matières proposées et des cours correspondants:
https://www.college-de-france.fr/site/programme/index.htm

La chaire de Claudine Tiercelin est intitulée:
Métaphysique et philosophie de la connaissance
https://www.college-de-france.fr/site/claudine-tiercelin/_course.htm

Intéressant aussi le cours de François Recanati:
Référence et objet intentionnel
https://www.college-de-france.fr/site/francois-recanati/course-2020-01-30-15h00.htm

D'autres séminaires sont consultables à l'entrée "Sciences Humaines" du Programme...

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Et toujours les cours et vidéos proposés par Canal-U (*)
https://www.canal-u.tv/

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(*) Canal-U est un projet de la communauté universitaire lancé en 2000. Il est piloté par la Mission numérique pour l’enseignement supérieur (MIPNES) au sein du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. - Canal-U est la vidéothèque numérique de l’enseignement supérieur et de la recherche. C’est le site de référence pour les ressources audiovisuelles de l’enseignement supérieur. Enseignants et étudiants peuvent y trouver des programmes enrichis de documents pédagogiques et validés par les conseils scientifiques des Universités Numériques Thématiques.




vendredi 3 avril 2020

Jacques Lacan parle (1972)


Jacques Lacan parle
un film de Françoise Wolff
qui présente des extraits d'une conférence que le psychanalyste a tenu à
l'Université catholique de Louvain le 13 octobre 1972


 Philochat a également mis en ligne Télévision, un document de 1973, réalisé par Benoît Jacquot, avec des interventions de Jacques-Alain Miller.

Séminaires sur > ecole-lacanienne.net et sur > gaogoa.free.fr Autres textes sur > aejcpp.free.fr

Et sur l'excellent site d'art contemporain UbuWeb, des heures et des heures d'enregistrements de Lacan vous attendent.

mercredi 18 mars 2020

Edgar Morin, 18 mars 2020



Entretien de Frédéric Taddeï avec Edgar Morin sur RT France (18/3/2020)

vendredi 6 mars 2020

Bac de Philo 2020 - Programme

 Voir également :
- Sujets de l'épreuve de Philosophie (Bac 2019)
- Sujets de l'épreuve de Philosophie (Bac 2018)
- Bac Philo 2018 : Les conseils de philochat

NOTIONS

Série L


Le sujet
   
– La conscience
– La perception
– L’inconscient
– Autrui
– Le désir
– L’existence et le temps

La culture

– Le langage
– L’art
– Le travail et la technique
– La religion
– L’histoire

La raison et le réel
   
– Théorie et expérience
– La démonstration
– L’interprétation
– Le vivant
– La matière et l’esprit
– La vérité

La politique
   
– La société
– La justice et le droit
– L’État

La morale

– La liberté
– Le devoir
– Le bonheur

dimanche 27 octobre 2019

Maurice Blanchot (1907-2003)



Maurice Blanchot


    France | 1998 | 57 minutes | Betacam SP
    Un film de Hugo Santiago
    Collection  Un siècle d'écrivains



"Maurice Blanchot, né en 1907, est l'auteur d'une œuvre romanesque, critique et philosophique considérable. Il aura exercé sur les lettres et les arts du vingtième siècle une autorité mythique, pourtant aussi discrète qu'exigeante. Il se sera préservé, exemplairement, de toute forme de médiatisation. Ce film s'imposait donc comme un pari : rendre visible l'invisible, tracer l'itinéraire biographique, littéraire et politique d'un absent. Il réunit pour cela les témoins les plus prestigieux : parmi eux, Jacques Derrida, Marguerite Duras, Roger Laporte, Emmanuel Lévinas, Maurice Nadeau furent d'abord les amis de Blanchot, ses amis d'écriture, ses amis de pensée. Giorgio Agamben, Christophe Bident, Daniel Dobbels, Jean-Luc Nancy, Michel Surya témoignent également de la présence irréductible de l'écrivain dans la pensée contemporaine. Avec les voix de Jacques Dupin, Redjep Mitrovitsa, André Wilms et du poète Louis-René des Forêts."