jeudi 15 août 2013

A propos d'un changement de paradigme

 1



Voici quelques réflexions avec, pour point de départ, la question de l'utilité de cette espèce d'écriture pratiquée, ici comme ailleurs, par d'innombrables anonymes et parfaits inconnus, dont moi-même, dans le cadre des nouvelles agoras électroniques appelées blogs (weblogs) : même si les censures commencent à se faire plus insidieuses, pressantes, on peut encore parler de liberté d'expression, du moins dans nos pays dits démocratiques, où ce droit est ancré dans la Constitution...


Les pays totalitaires n'accordent pas la liberté de parole à leurs citoyens, qui doivent trouver d'autres moyens pour communiquer leur opposition à l'ordre établi ou à l'idéologie dominante. Le dramaturge Bertolt Brecht
(1898-1956), qui a pourtant lui-même choisi un pays en voie de "totalitarisation" (la RDA) pour y finir ses jours, utilisa naguère l'expression de "langage d'esclaves" (Sklavensprache) pour décrire une façon de coder les messages qui deviennent obscurs pour le pouvoir tout en restant intelligibles pour les camarades.






Ce codage et la nécessité de rendre en apparence inintelligibles les messages subversifs ont produit et produisent encore un certain nombre d’œuvres intéressantes (romans, théâtre, essais)...

Mais qu'en est-il ici et maintenant, où l'on peut dire tout et son contraire, tout et n'importe quoi, pourvu que l'on ne diffame personne, que l'on n'appelle pas à la haine ou à la violence, et que l'on s'exprime correctement ? Quel serait le message subversif, qu'il est - ici et maintenant - permis d'exprimer en clair ?

Il est en tout cas permis de penser ce paradoxe : nous vivons une sorte de terrorisme économique, car depuis 40 ans (1973 très exactement) le chômage ne cesse d'augmenter, les États sont pris dans l'étau d'une dette et d'une crise sans doute (du moins en partie) artificielles qui génèrent une réduction drastique des services publics et des avantages sociaux conquis un siècle durant de haute lutte, nous vivons donc dans une sorte de totalitarisme très nouveau ("ultra-moderne") où il est pourtant possible de s'exprimer librement !

C'est d'ailleurs le seul alibi qui reste à nos sociétés ultra-libérales pour ne pas être taxées de totalitaires : la "liberté"...

Souvenez-vous : quelle liberté que de circuler en voiture où bon vous semble... de téléphoner à tout le monde d'un peu partout...


Or, à la campagne la voiture est devenu une contrainte, puisque les petites gares et lignes de bus ont été fermées les unes après les autres. Et le téléphone mobile vous oblige, en bon professionnel que vous êtes (si vous avez l'immense privilège d'avoir un job), d'être joignable n'importe quand, n'importe où...

Mais, demanderez-vous peut-être, quel rapport avec la liberté d'expression et les blogs ? - Ma réponse provisoire serait celle-ci : devant l'énorme masse de messages nés de cette liberté d'expression à l'ère de la globalisation digitale (en français : "mondialisation numérique"), plus personne - pas même les services à la pointe de la technologie - ne saurait séparer l'important de l'accessoire, le grain de l'ivraie et tout ce que vous voudrez. Autrement dit, dans ce chaos de paroles, dans cette immense cacophonie planétaire, je vous défie de passer n'importe quel message, qu'il soit d'ailleurs subversif ou tout simplement sensé, si vous faites partie de ce milliard de scribouillards anonymes (et probablement même si vous vous êtes "fait un nom"). Dans ce brouhaha global, que les experts en communication surnomment le "bruit", il ne serait tout simplement pas entendu : une façon très astucieuse de réduire tout le monde au silence par une gigantesque overdose de parole au nom de la liberté d'expression !


mardi 16 juillet 2013

{Annonce] Rencontres Philosophiques de Rennes (22/11/2013)



Rencontres organisées par l’Observatoire des politiques culturelles, Rennes Métropole, la Ville de Rennes, Les Champs Libres, en partenariat avec le Centre de la Lande, centre social et socioculturel de Saint-Jacques-de-la-Lande.
VENDREDI 22 NOVEMBRE 2013 de 9h à 17h30
Les Champs Libres à Rennes
............................................................................................................................................................................................................................................
Dans de nombreux domaines, technique, scientifique, environnemental, mais aussi sur le plan socio-anthropologique, géopolitique, culturel, notre monde est soumis à des transformations majeures dont nous ne percevons – peut-être – que les prémices. Face à ces prodigieux changements, comment reconquérir du sens ? La culture peut-elle aider les hommes à se réapproprier leur rapport au monde ? En quoi l’art et la culture sont-ils des plaques sensibles de la crise protéiforme que nous traversons, c’est-à-dire des risques et des possibilités auxquels nous sommes confrontés ?

Pendant une journée entière, des philosophes partageront leurs réflexions sur ces questions, en explorant plus spécifiquement trois sujets :
- Culture, construction de soi et vivre ensemble
- Divertissement contre culture ?
- Le progrès scientifique : une question politique, un défi culturel ?

Les tables rondes seront introduites par des lycéens et les participants d'ateliers de philosophie organisés en amont de la rencontre.
 .............................................................................................................................................................................................................................................
Entrée gratuite dans le limite des places disponibles.
Inscription auprès des Champs Libres : 02 23 40 66 00
En savoir + : cliquer ici

dimanche 14 juillet 2013

Benny Lévy, la révolution impossible


[vidéo indisponable actuellement]

Documentaire d'Isy Morgensztern (ARTE, 2008)

Bréve présentation sur ARTE

Un film sur le chef de la Gauche prolétarienne et sur ses compagnons. Une tentative d'attaquer le continent Mai-68 par la "face" Benny Lévy.

Né en Égypte en 1945, émigré en Belgique, puis en France, Benny Lévy était un personnage à part. Après avoir mené, avec ses compagnons maoïstes et sous le nom de Pierre Victor, le combat à l'intérieur du champ marxiste, puis côtoyé le chrétien Maurice Clavel et le philosophe Michel Foucault, il était devenu le dernier assistant de Jean-Paul Sartre. Ensuite, guidé par sa découverte d'Emmanuel Levinas, il se fit juif orthodoxe, démontrant -- selon lui -- l'inutilité de toute révolution. Le film raconte ce parcours individuel et collectif

Filmer Benny Lévy par Isy Morgenzstern, réalisateur (18 min)

dimanche 23 juin 2013

Jacques Bouveresse : Désir, Vérité et Connaissance chez Foucault


Conférence de Jacques Bouveresse au Collège de France (27 mai 2013)
 
Vidéo fournie par Philippe Jovi

lundi 17 juin 2013

BAC 2013 - 665 000 candidats démarrent avec philosophie

Le titre du Point. Et puis le chapeau d'un blog du Monde donnant les sujets de philosophie du baccalauréat 2013 : La politique, l'Etat, le travail[,] le langage et la science... les sujets de dissertation des trois séries du baccalauréat 2013 balaient largement les grands thèmes étudiés durant l'année, ils sont sans surprise et de formulation très classique.

Les voici donc, ces sujets, racontés par le blog de la rédaction du Monde [de l'Education] :
  1. .. les littéraires vont passer leur matinée à traiter au choix une des deux questions suivantes: Le langage est-il un outil? ou La science se limite-t-elle à constater les faits? Si aucune des deux ne les inspire, il leur reste un texte du très classique Descartes qui n'est autre que La lettre à Elisabeth de 1645.
  2. En série Economique et sociale, les deux questions à traiter au choix sont: Que devons-nous à l'Etat? et Interprète-t-on à défaut de connaître? Pour ceux que le concept d'Etat n'inspirerait pas plus que celui de connaissance, il reste un texte du 12ème siècle, signé Anselme et tiré de De la Concorde.
  3. Quant aux scientifiques en herbe, qui présentent le bac S, et pour qui la philosophie n'est que coëfficient 3,  ils ont eux droit à la politique ou à la sempiternelle conscience de soi. Au menu de leurs cogitations matinale[s], deux questions là encore: Peut-on agir moralement sans s'intéresser à la politique? et Le travail permet-il de prendre conscience de soi? Quant au texte proposé, c'est du Bergson tiré de La pensée et le mouvant.  
 Merci donc à la rédaction pour ce conte fantastique. Et l'on s'y reverrait presque, planchant sur l'un de ces sujets à la patine d'époque : Le fou c'est celui qui a tout perdu sauf la raison ou alors L'essence de la réflexion c'est de comprendre que l'on n'avait rien compris.

Cela dit, un syllogisme à la Cioran ne serait pas mal non plus pour stimuler l'intelligence de la jeunesse. Ou le fameux Je est un autre ("commentez ces mots de Rimbaud") !

Ah ! le bon vieux temps, où la philosophie, c'était encore de la Philosophie. Où tout était à sa place : Kant dans les idées transcendentales et Descartes à cheval, Nietzsche aux aphorismes renversants et Hegel à la dialectique. Heidegger au brassard ontologique et Husserl aux phénomènes. Sartre à la cave et Camus chez sa mère !

Aujourd'hui, depuis que les derniers grands (Baudrillard, Cioran, Bourdieu, Derrida et al.) ont quitté ce monde étrange, il ne reste, peu ou prou, que des pantins médiatiques qui se mêlent de tout et de rien, affirmant tout et son contraire. Et dans ce brouhaha, il faut pondre une dissert de philo. Alors, vraiment, bon courage, Mesdemoiselles et Messieurs !

Blagues à part, on n'a pas fini de déplorer la baisse de niveau dans la pensée dite contemporaine, qui souvent n'est qu'un rabâchage de poncifs, sans même que l'on prenne la peine d'intégrer ou même d'analyser les changements de paradigme dans la société actuelle, préférant un prêt-à-penser aussi digeste que digital, fourni par la toute puissante Toile, où les moins ébahis commencent tout de même à repérer quelques araignées (puisqu'on y cherche fatalement à régner) !

A ce propos, j'avais demandé à un vieux philosophe pourquoi il ne s'intéressait pas à Internet. Il a répondu qu'il n'avait plus beaucoup de temps et qu'il préférait relire quelques livres importants avant de partir.

Sans doute faut-il ajouter, à l'occasion du décès de Maurice Nadeau, que l'ambiance, dans le milieu de l'édition française, qui diffuse également les écrits philosophiques, n'est guère plus inspirée que celle des dîners médiatiques où l'on célèbre la pensée contemporaine, dont la contemporanéité est d'ailleurs souvent abusive quand la date limite des idées proposées est passée depuis longtemps. Et la "pensée", qui s'énonce ainsi, n'est bien souvent qu'une farce étudiée qui, si elle n'était assortie d'un formidable comique involontaire, ferait parfois pleurer de rage !

 (SK)

dimanche 9 juin 2013

dimanche 26 mai 2013

Emmanuel Levinas (1988)

[vidéo actuellement indisponible]

Précisions de l'uploader : 17 oct. 1988. Emmanuel LEVINAS relate les expériences d'ordre littéraire, spirituel ou historique qui fondèrent sa pensée philosophique, nous menant, au cours de cette première partie, de la Lituanie de son enfance jusqu'à la veille de la seconde guerre mondiale. - Production : Sodaperaga, Société d'édition et de programmes de télévision - Réalisateur : Boutang, Pierre André - Journaliste - Poirié, François

A écouter aussi : deux extraits d'une série d'émissions sur le thème “Ethique et infini” (France-Culture, 3 & 10 mars 1981) > sur UbuWeb

samedi 18 mai 2013

Alain Badiou & Régis Debray (débat, 17 mai 2013)


Au programme de l'émission de Frédéric Taddéi, "Ce Soir Ou Jamais" (France 2, 17 mai 2013) : "la jeunesse, la révolution, la démocratie et la culture". Avec Régis Debray, qui publie «Le Bel Age», chez Flammarion, Alain Badiou, qui présente «Pornographie du temps présent», publié chez Fayard, et «Eloge du théâtre», avec Nicolas Truong, publié chez Flammarion, Jean-Hervé Lorenzi, qui publie «Rajeunissement et vieillissement de la France», avec Jacques Pelletan et Alain Villemeur, chez Descartes & Cie, Myriam Marzouki, directrice artistique de la Compagnie du dernier soir, Annie Le Brun, qui publie «Les Arcs-en-ciel du noir : Victor Hugo» chez Gallimard, et Côme Fabre, commissaire de l'exposition «L'Ange du bizarre», au Musée d'Orsay.

dimanche 21 avril 2013

Conférence des femmes philosophes (Paris, 31 mai 2013)

Conférence du Réseau international des femmes philosophes
« Les printemps arabes sous le regard des femmes philosophes » 
[texte de présentation de l'UNESCO]

 A l’occasion de la publication du numéro 2-3 de la Revue des femmes philosophes, le Réseau international des femmes philosophes parrainé par l’UNESCO organise une conférence intitulée « Les printemps arabes sous le regard des femmes philosophes. Printemps arabes, printemps durables ? Ce que les femmes philosophes pensent du (nouveau) monde arabe. Ce que les femmes philosophes du (nouveau) monde arabe pensent ». Cette conférence, tout comme le 2e numéro de la Revue des femmes-philosophes, propose une réflexion sur l’une des transformations sociales majeures en cours dans le monde arabe : le « Printemps arabe ».

 La conférence aura lieu à la Salle Dussane de l'ENS, 45, rue d'Ulm, Paris, le 31 mai 2013 de 19:00 à 22:00 [présentation / participants, PDF]

 De nombreux membres du Réseau international des femmes philosophes, y compris des femmes philosophes du monde arabe, participeront à cet événement durant lequel interviendront également des représentants de l’UNESCO et de l’École Normale Supérieure de la rue d’Ulm.

La Revue des femmes philosophes, dont le 2e numéro sera présenté à cette occasion, est une revue de philosophie, mais pas au sens habituel du terme. Il n’y a pas que des philosophes qui y écrivent. On n’y parle pas uniquement de philosophie. De même, c’est une revue faite par des femmes qui n’est réservée aux femmes : des hommes sont aussi invités à y contribuer.

C’est une revue pour tout le monde, qui vise à donner à la pensée des femmes la liberté et la visibilité que les structures actuelles du savoir n’assurent pas, ou du moins pas sous la forme qui conviendrait, et certainement pas dans tous les pays du monde.

Lien sur le Numéro 1 de la Revue des femmes philosophes : La Quadrature du Cercle (Nov. 2011, PDF, 216 p.)

dimanche 14 avril 2013

Krishnamurti - Entretien avec André Voisin (ORTF 1972)




 Présentation de l'INA

André VOISIN a profité de sa visite à Paris pour rencontrer KRISHNAMURTI, philosophe indien. C'est en français, n'employant jamais "je" mais "on" ou "il", qu'il exprime ses idées sur l'homme, la liberté, la religion, Dieu, la pensée ... Il raconte l'anecdote de l'homme et du diable.Il n'y a pas de liberté quand on est conditionné par la religion. La culture aussi conditionne et divise les hommes. C'est la division qui crée la difficulté, le conflit. Pour lui, la bonne conduite, c'est l'amour, faire attention aux arbres, à autrui ..., être conscient de tout pour créer une unité, une harmonie avec le monde, pour faire quelque chose de vrai. Il démontre son idée en prenant comme exemple, les juifs et les arabes. Il faut abandonner les croyances, la peur, la vanité ... Il explique comment aller vers Dieu, en dehors des images, du conditionnement. Il n'aime pas employer le mot Dieu. La méditation est un chemin, ce n'est pas une technique. Il énumère les différents dangers pour l'homme.