dimanche 31 mars 2013

Wolfgang Kaempfer : La relation monétaire. Histoire de la domination temporelle


On a l'habitude d'admettre une césure importante entre le passé et le futur, que l'on nomme le présent. Il s'agit là d'une illusion. Cette césure aléatoire, itinérante, n'équivaut pas au présent et ne sépare pas non plus les deux autres dimensions temporelles réelles. Elle distingue simplement les catégories du "passé" et du "futur", sans que nous ayons vraiment conscience de ce phénomène.

Cette illusion n'est pourtant pas sans méthode. Car elle se fonde sur l'amputation de ce qui est réellement passé ou réellement à venir, au profit d'une catégorisation abstraite (sous les noms de "passé" et de "futur"). Le véritable cours du temps ressemble plutôt à un "champ temporel" étendu, selon la formule d'Edmund Husserl qui parle ici de "rétention" (passé) et de "protention" (futur). Il s'agit d'une sorte de "corpus temporalis", complexe, tridimensionnel, dont les frontières se déplacent constamment, un équilibre des flux fait d'éléments ou de particules "passées" ou "futures" où rien ne reste jamais pareil; lorsqu'il apparaît pour la deuxième (ou troisième) fois, le „fragment retenu“ n'est plus le même.

Étant donné que ce champ de transition singulier, ce "corpus temporalis" constitue très probablement la "structure" à la base de tous les processus de vieillissement et de croissance, de tout être vivant (mais aussi de ses pratiques de socialisation, de son évolution socio-historique), toutes les "opérations" sur leur mode d'évolution, sur leurs "corps" temporels et fluctuants pourraient se comporter comme des coupes chirurgicales qui, à partir d'un certain point, un "point of no return", devraient également être létales.

Comme je l'ai développé ailleurs, la circulation, qui présente une accélération constante et une densité croissante, a conduit à un "régime du temps" autonome. Ce n'était pas un hasard si le programme de la philosophie des Lumières, qui a accompagné ce processus, comprenait l'exigence de se libérer de toute tradition, du passé, de l'histoire etc. Mais on n'a pas vu que les "concepts de la mobilité", avec lesquels elle a opéré, ne représentaient pas le mouvement de l'Histoire (le temps historique), mais celui du temps de la circulation. Ces concepts, à l'image du réseau de communication que la circulation moderne réclame, ont formé un réseau rigide comparable à des voies ferrées.

Ainsi, ce que j'ai présenté sous le nom inoffensif de "temps circulaire" était depuis longtemps en passe d'occuper le terrain. Si l'on prend en considération que ce nouveau régime du temps est issu de la mécanique classique - autrement il n'aurait pas pu obtenir son exactitude et sa fiabilité modernes - on constate qu'il a dû développer un outillage particulier au cours de sa "libération" (son déchaînement) en vue de ses "opérations" sur le corps précaire, cette "structure" basale dont la vie est tributaire. Si les procès du temps biologique peuvent se comparer à une sorte de delta fluvial en constante mutation, les procès du temps circulaire ressembleraient à un système de canaux dont le caractère essentiel réside à l'inverse dans la "rigidité" (l'immuabilité). Ce "corpus temporalis", fragile et vulnérable, des procès bio-temporels a été confiné dans un lit de Procuste qui exigeait son amputation progressive. On connaît l'outillage dont il s'agit. Ce sont ces sondes étranges qui partagent (découpent) le temps en trois parties apparemment autonomes : le "passé", le "futur" et la frontière aléatoire où passé et futur peuvent s'entrechoquer. Cette "opération" sur le "corps du temps" pouvait passer inaperçue parce qu'elle coïncidait, à l'origine, avec le remplacement des membres amputés. D'ailleurs, on ne remarquait pas que le nouveau "corps du temps", neutre, était constitué de prothèses. Aujourd'hui encore, nous pensons que les constructions abstraites nommés "passé", "futur", "présent" sont les "représentants" réels du temps. Or ils sont, au plus, des représentants élus par un conseil discret d'experts.

[...] 


samedi 30 mars 2013

Interview de Jean Baudrillard (1929-2007)


On ne peut que spéculer sur l'orgine de cette interview de l'auteur de L'échange symbolique et la mort. Elle est entrecoupée de spots dans une langue qui m'est inconnue, sans doute en serbe, mais l'intervieweuse et Jean Baudrillard s'entretiennent en français. Toute précision sur cet enregistrement serait la bienvenue !

Derrida | Monde Diplomatique (2004)



Intervention de Jacques Derrida à l'occasion du 50e anniversaire du Monde Diplomatique, le 8 mai 2004 à Paris (Palais des Sports, porte de Versailles). Le penseur décèdera 5 mois plus tard.

Le court exposé de Derrida intégré ici fait partie d'une "playlist philosophique" : ainsi, une série de prestations très inégales vont suivre, sélection pour laquelle philochat décline toute responsabilité !

mardi 26 mars 2013

[Annonce] Avis de recherche à propos du bonheur

~ cliquez sur l'affiche pour agrandir le texte ~

contact > katell.geffroy[at]orange.fr

NB.: Ce message est arrivé dans la boîte à lettres de philochat,
qui n'a pas pu vérifier la pertinence du projet.
A vous de laisser vos impressions en commentaire
(et à Katell de vous tenir au courant sur sa progression).

Phạm Công Thiện (1941-2011)

 Philochat apprend bien tard le décès de ce penseur d'origine vietnamienne :

Né au Viêt-Nam en 1941, Phạm Công Thiện se tourne d'abord vers le bouddhisme zen. Sa singulière façon d'être lui vaudra peut-être le nom de "Vénérable Garder son Caractère Propre". Après des études aux États-Unis, où il rencontre l'écrivain Henry Miller, il sera nommé très jeune doyen de la faculté bouddhiste de Saïgon. 

Condamné à l'exil en 1970, il s'installe en France et finit par obtenir, en 1974, un poste de maître-assistant à la faculté de philosophie de Toulouse. L'un de ses cours s'intitule "Métaphysique et Poésie", où il évoque des philosophes comme Héraclite, Nietzsche, Heidegger, des poètes comme Hölderlin, Trakl, Rilke devant un auditoire nombreux, fasciné par sa manière atypique d'enseigner, fusionnant l'Occident et l'Orient. 

En 1983, il s'installe aux États-Unis où il enseigne et écrit. Très connue dans son pays d'origine, son oeuvre en langue vietnamienne comprend des essais philosophiques, des poèmes et des chansons, des romans et des traductions.

La plupart des entrées consacrées à Phạm Công Thiện sont en vietnamien ; parmi les rares commentaires en français, une réflexion sur le blog de Ngô Văn Tao (2010)


http://phamcongthien.com/index.php/gallery



Phạm Công Thiện is a famous Vietnamese writer, poet, scholar and philosopher born in 1941 in Mytho, in the South of Vietnam. His books, several times best-sellers in Vietnam, had a great influence on all a generation of Vietnamese. A former Buddhist monk in Vietnam, he was also a respected Zen Master and the Dean of Van Hanh Buddhist University in Saigon. 

After having lived a long time in France where he taught philosophy at Université du Mirail in Toulouse, Phạm Công Thiện settled down in USA in the city of Los Angeles, lecturing on Buddhism, writing books and  then later moved to Texas, where he lived a meditative life in a quiet house near a lake until his passing away on March 8, 2011.

In 2000, Nohira Munehiro from the Tokyo University of Foreign Studies (Japan) made a thesis on his complete works. And in 2010, his published book "New Consciousness" about Phạm Công Thiện won the prestigious Prize of Japan Society for Southeast Asian Studies.

*** 

MORE

An interesting blog entry

A short family video

2007 Video of a conference in vietnamese


 Le n°1 de la revue toulousaine Tribu (Serge Pey)

dimanche 24 mars 2013

Albert Einstein - "Comment je vois le monde" (1991)



Documentaire biographique sur Albert Einstein (1879-1955) avec images d'archives et témoignages de contemporains du penseur de la Relativité. Réalisation : Richard Kroehling (1991).

[English] Richard Sennett - The Decline of the Skills Society (2009)

 
"The Decline of the Skills Society"
Forum on the Humanities & the Public World
Friday, Dec 4, 2009 | Berkeley, Townsend Center
Maude Fife Room, 315 Wheeler Hall

Presentation:

Known for his studies of class and urban society, Richard Sennett is Centennial Professor of Sociology at the London School of Economics, Bemis Adjunct Professor of Sociology at MIT, and Professor of the Humanities at New York University. His scholarship focuses on social inequality, the effects of urban growth on the individual, and the interconnection between authority, modernism and public life. Highly interdisciplinary in his approach, Sennett draws from architecture, design, music, art, literature, history, political and economic theory, and anthropology. His books include: The Culture of the New Capitalism; Flesh and Stone: The Body and the City in Western Civilization; The Conscience of the Eye: The Design and Social Life of Cities; and The Fall of Public Man. Professor Sennett is the founding director of the New York Institute for the Humanities at NYU.

Jean-Luc Nancy - Interroger la politique, interroger le commun (2012)


 Présentation de Canal-U :

Interroger la politique, interroger le commun / Jean-Luc Nancy. Conférence présentée par Elisabeth Rigal (enseignante-chercheure en philosophie, Université Aix-Marseille et Université Toulouse-Mirail) dans le cadre des "Mercredis de la connaissance". Université Toulouse II-Le Mirail, 23 mai 2012.

Dans cette conférence, le philosophe Jean-Luc Nancy convoque tour à tour Platon, la Révolution française, Carl Schmitt, les soviets, Marx, Spinoza, Georges Bataille, Michel Foucault... pour interroger le/la politique, l'État, la démocratie et interroger surtout le concept, la possibilité et le sens du "commun", de l'être-en-commun, de "l'être-ensemble" communiste. « Le communisme représente la protestation contre l'État, la demande, l'exigence que l'existence commune ne soit pas assumée par, ni déleguée à, ni représentée par, ni pris en charge par cette instance, l'État ».

Paul Virilio - Penser la Vitesse (2008)


Réalisateur : Stephane Paoli - Producteurs : La Generale de Production, Arte (2008)

Présentation d'Arte :

L’auteur de L’insécurité du territoire et de Cybermonde, la politique du pire nous donne des clefs indispensables pour décoder un monde qui ne cesse de se complexifier. - En une heure trente, ce film passe notre époque au gril de la pensée de Paul Virilio, l’un des esprits contemporains les plus lucides et les plus tranchants sur les conséquences politiques liées aux révolutions technologiques. Exemples à l’appui (la tragédie du 11-Septembre, l’ouragan Katrina...), l’auteur de L’insécurité du territoire et de Cybermonde, la politique du pire démontre avec conviction que tous les champs ou presque de l’activité humaine sont désormais placés sous le régime quasi dictatorial de la vitesse. De grands experts comme Jeremy Rifkin, Walter Bender, Muhammad Yunus, Hubert Védrine, Jacques Attali, ou encore le dessinateur Enki Bilal et l’architecte Jean Nouvel, étayent ou contredisent son discours. Accessible sur le fond, surprenant dans la forme, ce film prend le temps de réfléchir à notre environnement et au sens des choses. Un exercice salutaire quand les repères se dérobent.

samedi 23 mars 2013

Edgar Morin - La Machine Vivante (1975)


Fragments biographiques et entretien avec Edgar Morin dans son appartement parisien, un document de 1975 réalisé par Jean-Claude Bringuier (interview), présenté par Francis Mercury et produit par Hubert Knapp.

Rappel : Edgar Morin & Jean Rouch : Chronique d'un été (1961)

vendredi 22 mars 2013

Foucault par lui-même [legendas em português]


Foucault par lui-même - un documentaire de Philippe Calderon et François Ewald (2003) - diffusé sur Arte, mauvaise qualité d'image, sous-titres portugais.

Rappel : Michel Foucault, cours 1976-1984 au format mp3

dimanche 17 mars 2013

Jean-Pierre Changeux (2002) : Les Universaux de Pensée


Les universaux de pensée
Conférence de Jean-Pierre Changeux
24 Juillet 2002
Université de tous les Savoirs

Texte de Présentation :

La pensée est liée au cerveau, une entité matérielle qui possède une organisation complexe. Les universaux de pensée se développent à partir de cette organisation. Elle se construit au court de l'évolution, ou plutôt d'une synthèse d'évolutions multiples. Elle résulte de l'évolution des espèces, de l'évolution au court du développement embryonnaire, de la formation des connexions entres cellules nerveuses avant et après la naissance. Des évolutions multiples, emboîtées qui correspondent aux niveaux d'organisation de la matière, de la molécule à la cellule nerveuse, de la cellule nerveuse au circuit, du circuit aux assemblées de neurones.
Au cours de l'enfance, il y a des changements de la connectivité en fonction de la culture, de l'environnement. Durant ces évolutions emboîtées, des universaux vont être sélectionnés, ils vont dans un premier cas assurer la survie de l'individu, mais aussi des groupes sociaux. Des universaux qui se retrouvent au niveau du génome, de l'anatomie et de l'organisation du cerveau, ses dispositions fonctionnelles, physiologique et psychologique. Il y a une universalité du génome humain mais aussi une variabilité génétique et épigénétique qui permet l'évolution tout en préservant l'intercompréhension entre les individus.

***

La mise en ligne de cette conférence sur philochat est un nouvel appel à penser ensemble les recherches des sciences exactes (naturelles) et humaines (sociales), déjà formulé à plusieurs reprises ici : la naïveté philosophique des uns et le manque d'information des autres est bien souvent problématique lorsqu'il s'agit de parvenir à un dialogue, à une synthèse, voire une refonte des différentes disciplines qui présentent autant de perspectives, d'approches diverses sur des phénomènes pourtant semblables, et notamment sur les questions touchant à la conscience, à l'organisation de l'esprit, et aux recherches neurophysiologiques sur le cerveau. - Il est entendu que les penseurs issus des sciences humaines doivent confronter leurs modèles aux résultats scientifiques. Mais il est tout aussi nécessaire que les chercheurs revoient leur attitude consistant à balayer d'un revers de la main quelque deux ou trois millenaires de réflexions sur le sujet pour ensuite, lorsqu'ils se mettent à philosopher, ressortir des modèles poussiérieux à la limite de la pensée magique...

samedi 16 mars 2013

Jean-Toussaint Desanti (1914-2002)



Résumé :  Portrait et interview du philosophe Jean-Toussaint Desanti, professeur de philosophie à la Sorbonne, spécialiste de la pensée mathématique. Qu'est-ce qui fait qu'on devient philosophe, résistant, communiste ? Comment se solidifie ou se désagrège l'édifice de nos croyances ? Telles sont les questions qu'il se pose. (source : Canopé)

[Montage audio  (ci-dessous) actuellement indisponible]

Précisions données par le monteur de ces extraits d'émissions radio :

- Comment devient-on philosophe ?
Les Chemins de la Connaissance diffusé le 17/03/1986.
- Sur les conditions de la pensée philosophique
Radio Libre diffusé le 12/02/2000.
- Découverte des mathématiques
Les Nuits Magnétiques de France Culture diffusé le 07/03/1989.
- Contre certaines philosophies des sciences
Les Matinées de France-Culture : les sciences et les techniques diffusé le 13/08/1975.
- Pour une épistemologie bachelardienne
« Un rêveur de mots : Gaston Bachelard » diffusé du 8 au 12/08/1983.
- Sur la philosophie de Jean Cavaillès
Une vie, une œuvre (France Culture) diffusé le 27/04/1989.
- Sur les idéalités mathématiques
Radio Libre diffusé le 12/02/2000.
- Rencontres pendant la guerre
Jean-Paul Sartre : les années Sartre émission diffusée le 25/08/1990.
- Sur Merleau-Ponty
Une vie, une œuvre diffusé le 13/02/1986.
- Dans l'amitié de Bernard Groethuysen
Les Chemins de la Connaissance (France Culture) diffusé le 30/09/1981.
- Dans l'amitié de Maurice Clavel
Profils perdus diffusé le 28/04/1988.
- Une confidence de Jean-Toussaint Desanti
Radio Libre diffusé le 12/02/2000.
- Vivre dans un monde en crise :
Radio Libre diffusé le 12/02/2000.


Id.,  Conférence sur la pensée de Jean-Paul Sartre (UNESCO, 1990)

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Ce grand professeur de Philosophie, que l'on pouvait encore apercevoir franchissant à petits pas la place de la Sorbonne bien après son éméritation, n'a pas beaucoup publié. Voici quelques-uns des livres qui ont marqué sa trajectoire (bibliographie sur Wikipédia) :

  • Phénoménologie et praxis, Éditions Sociales (Essais), Paris, 1963; réédité sous le titre Introduction à la phénoménologie, Gallimard, Paris, 1976, 1994.
  • Les Idéalités mathématiques. Recherches épistémologiques sur le développement de la théorie des fonctions de variables réelles, Éditions du Seuil (L'ordre philosophique), Paris, 1968, 2008.
  • La philosophie silencieuse ou critique des philosophies de la science, Éditions du Seuil (L’ordre philosophique), Paris, 1975.
  • Un destin philosophique, Grasset (Figures), Paris, 1982; rééd. Hachette (Pluriel), Paris, 2008.


Extrait du "Cercle de minuit" (1997) c/o INA

[English] 2 Lectures on Consciousness (Searle, Dennett)

Consciousness and Causality
John Searle's talk at the Evolution and Function of Consciousness Summer School
("Turing Consciousness 2012")
held at the University of Montreal as part of Alan Turing Year.
All videos can be found here:'
http://users.ecs.soton.ac.uk/harnad/TuringEvolutionConsciousness.htm

See also: J. Searle's Home Page @ Berkeley
 

Daniel C. Dennett - Considering Consciousness
An introduction to Dennett's
Multiple Drafts model of Consciousness
can be found here

See also: D.C.Dennett's Home Page @ Tufts

Interview de Sartre par Lanzmann (1967)




Entrevue accordée par Sartre à Radio-Canada (Émission "Dossiers", Mensuel d'information, Dossier n°12 diffusé en mars 1967) où il traite avec une grande clarté de la situation de l'intellectuel. Il "aborde diverses questions : son intervention et son engagement dans la guerre du Viêt-nam, l'objet et le mandat du tribunal Bertrand Russell sur les crimes de guerre, qu'il préside, ses réactions aux nombreuses critiques et son refus du prix Nobel de littérature" (Archives Radio-Canada) Il est interrogé par Claude Lanzmann, rédacteur à la revue des Temps modernes, et Madeleine Gobeil, professeur à l'Université Carleton d'Ottawa. Images : Michel Brault - Assistant : Alain Dostie - Son : Marcel Carrière - Montage : Les Cinéastes associés - Réalisation : Max Cacopardo - Production : Radio-Canada

lundi 11 mars 2013

Jacques Lacan parle (1972)


Jacques Lacan parle
un film de Françoise Wolff
qui présente des extraits d'une conférence que le psychanalyste a tenu à
l'Université catholique de Louvain le 13 octobre 1972
(with English subtitles)

 Philochat a également mis en ligne Télévision, un document de 1973, réalisé de Benoît Jacquot, avec des interventions de Jacques-Alain Miller.



Et sur l'excellent site d'art contemporain UbuWeb, des heures et des heures d'enregistrements de Lacan vous attendent.

dimanche 10 mars 2013

Gérard Granel (1930-2000)

Le site dédié à Gérard Granel - professeur de Philosophie à l'université de Toulouse-Mirail, écrivain, traducteur (notamment de la Krisis de Husserl) et éditeur (fondateur des éditions T.E.R.) disparu en 2000  -  a mis en ligne un certain nombre de documents sonores, dont :

-  « Que l'on peut, que l'on doit penser après Heidegger - et comment » (Conférence, 1989, présentée par Jacques Poulain)

- « Lacan et Heidegger » (Conférence, 1990 )

- Entretien de Gérard Granel avec Alain Veinstein (France Culture, 1996)


Des cours de Gérard Granel sur Descartes, Kant et Gramsci sont également mis en ligne sur ce site [ici].

Et l'on y trouvera quelques photos du disparu, comme celle-ci, en compagnie de Martin Heidegger lors du fameux "Séminaire du Thor" en 1969 :



Voici quelques écrits de Gérard Granel (source Wikipédia) :
  • Le sens du temps et de la perception chez Husserl, Gallimard, 1968; seconde édition: TER, 2011.
  • L'équivoque ontologique de la pensée kantienne, Gallimard, 1970; seconde édition: TER, 2009.
  • Traditio traditionis, Gallimard, 1972.
  • De l'université, TER, 1982.
  • Ecrits logiques et politiques, Galilée, 1990.
  • Études, Galilée, 1995.
  • Apolis, TER, 2009.
Et quelques-unes de ses traductions, dont certaines sont éditées par T.E.R (source Toulouse-Mirail):
  • Gramsci, Cahiers de prison. 3, Cahiers 10, 11, 12 et 13, Paris, Gallimard, 1978.  
  • Gramsci, Cahiers de prison. 4, Cahiers 14, 15, 16, 17, 18, Paris, Gallimard, 1990. 
  • Heidegger, Die Selbstbehauptung der deutschen Universität. Rede, gehalten bei der feierlichen Übernahme des Rektorats der Universität Freiburg i. Br. am 27-5-1933 [L'auto-affirmation de l'université allemande, 1933], trad. de l’allemand par G. Granel, bilingue, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1987.
  • Heidegger, Qu’appelle-t-on penser ?, trad. de l’allemand par Aloys Becker et Gérard Granel, P.U.F., 1959,1992.   
  • Husserl, Correspondance Gottlob Frege, Edmund Husserl, postf. de Jean-Toussaint Desanti,  trad. de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1987.
  • Husserl, La Crise de l’humanité européenne et la philosophie, traduit de l’allemand par Paul Ricœur ; introductions de Stephan Strasser et G. Granel, Paris, La Pensée sauvage : l’Impensé radical, 1975.  
  • Husserl, La Crise des sciences européennes et la phénoménologie transcendantale, Paris, Gallimard, 1976, 1989.  
  • Wittgenstein, Etudes préparatoires à la 2e partie des "Recherches philosophiques", éd. par G. H. von Wright et Heikki Nyman ; trad. de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin : Trans-europ-repress, 1985.
  • Wittgenstein, Remarques mêlées, traduit de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1984, 1990.  
  • Wittgenstein, Remarques sur la philosophie de la psychologie. I, trad. de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1989.  
  • Wittgenstein, Remarques sur la philosophie de la psychologie. II, trad. de l’allemand par Gérard Granel, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1994.  
  • Wittgenstein, Remarques sur les couleurs, postface d’Élisabeth Rigal, traduction française de Gérard Granel, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1983.

samedi 2 mars 2013

Conscience et Cerveau (Michel Imbert)


Présentation de la conférence de Michel Imbert (2001) par L'Université de Tous les Savoirs :

Conscience et cerveau

Conscience et cerveau font aujourd'hui bon ménage. Il n'en a pas toujours été ainsi. A une longue période d'indifférence, suivie d'un temps d'hostilité affichée, fait suite aujourd'hui une idylle grosse de promesses mais riche d'obscurité, de confusions et d'illusions. Le nombre de livres publiés par des philosophes, psychologues, neurobiologistes, physiciens ou mathématiciens (et j'en passe), le nombre de colloques ou de numéros spéciaux de revues consacrés aux relations entre cerveau et conscience est simplement confondant. 

Cet engouement vient, pour une grande part, des recherches sur le cerveau lui-même. Il vient surtout de la mise en évidence de dissociations spectaculaires entre ce qu'un patient, souffrant d'une lésion cérébrale circonscrite, est capable de réaliser, sans en avoir la moindre idée, grâce à des capacités de percevoir, de mémoriser, de choisir et arranger l'information pertinente pour réaliser un geste, saisir un objet, éviter un obstacle, être ému par un visage familier. Autant de comportements qu'il exécute sans savoir comment, mais dont il aurait été pleinement conscient sans sa lésion cérébrale. On peut aller jusqu'à dire que toutes les compétences cognitives, y compris les compétences sémantiques, peuvent être, jusqu'à un certain point, réalisées sans que le sujet en ait conscience. 

Cette forme de conscience constitue ce que certains auteurs appèlent le problème facile de la conscience, en ce sens qu'une explication en termes de fonctionnement cérébral ne pose pas de problèmes insurmontables. Il n'en va peut-être pas de même de la conscience au sens d'expérience subjective, strictement privée et toujours faite à la première personne ; cet aspect de la conscience constituerait, en revanche, un véritable défi à toute explication scientifique.

Nous nous proposons de passer en revue un certain nombre d'arguments, pris notamment dans le domaine de la perception visuelle, qui établissent des corrélations fortes entre le fonctionnement de régions cérébrales localisées et la conscience que nous avons de ce que nous voyons et de ce que nous ressentons lorsque nous voyons.