dimanche 23 juin 2013

Jacques Bouveresse : Désir, Vérité et Connaissance chez Foucault


Conférence de Jacques Bouveresse au Collège de France (27 mai 2013)
 
Vidéo fournie par Philippe Jovi

lundi 17 juin 2013

BAC 2013 - 665 000 candidats démarrent avec philosophie

Le titre du Point. Et puis le chapeau d'un blog du Monde donnant les sujets de philosophie du baccalauréat 2013 : La politique, l'Etat, le travail[,] le langage et la science... les sujets de dissertation des trois séries du baccalauréat 2013 balaient largement les grands thèmes étudiés durant l'année, ils sont sans surprise et de formulation très classique.

Les voici donc, ces sujets, racontés par le blog de la rédaction du Monde [de l'Education] :
  1. .. les littéraires vont passer leur matinée à traiter au choix une des deux questions suivantes: Le langage est-il un outil? ou La science se limite-t-elle à constater les faits? Si aucune des deux ne les inspire, il leur reste un texte du très classique Descartes qui n'est autre que La lettre à Elisabeth de 1645.
  2. En série Economique et sociale, les deux questions à traiter au choix sont: Que devons-nous à l'Etat? et Interprète-t-on à défaut de connaître? Pour ceux que le concept d'Etat n'inspirerait pas plus que celui de connaissance, il reste un texte du 12ème siècle, signé Anselme et tiré de De la Concorde.
  3. Quant aux scientifiques en herbe, qui présentent le bac S, et pour qui la philosophie n'est que coëfficient 3,  ils ont eux droit à la politique ou à la sempiternelle conscience de soi. Au menu de leurs cogitations matinale[s], deux questions là encore: Peut-on agir moralement sans s'intéresser à la politique? et Le travail permet-il de prendre conscience de soi? Quant au texte proposé, c'est du Bergson tiré de La pensée et le mouvant.  
 Merci donc à la rédaction pour ce conte fantastique. Et l'on s'y reverrait presque, planchant sur l'un de ces sujets à la patine d'époque : Le fou c'est celui qui a tout perdu sauf la raison ou alors L'essence de la réflexion c'est de comprendre que l'on n'avait rien compris.

Cela dit, un syllogisme à la Cioran ne serait pas mal non plus pour stimuler l'intelligence de la jeunesse. Ou le fameux Je est un autre ("commentez ces mots de Rimbaud") !

Ah ! le bon vieux temps, où la philosophie, c'était encore de la Philosophie. Où tout était à sa place : Kant dans les idées transcendentales et Descartes à cheval, Nietzsche aux aphorismes renversants et Hegel à la dialectique. Heidegger au brassard ontologique et Husserl aux phénomènes. Sartre à la cave et Camus chez sa mère !

Aujourd'hui, depuis que les derniers grands (Baudrillard, Cioran, Bourdieu, Derrida et al.) ont quitté ce monde étrange, il ne reste, peu ou prou, que des pantins médiatiques qui se mêlent de tout et de rien, affirmant tout et son contraire. Et dans ce brouhaha, il faut pondre une dissert de philo. Alors, vraiment, bon courage, Mesdemoiselles et Messieurs !

Blagues à part, on n'a pas fini de déplorer la baisse de niveau dans la pensée dite contemporaine, qui souvent n'est qu'un rabâchage de poncifs, sans même que l'on prenne la peine d'intégrer ou même d'analyser les changements de paradigme dans la société actuelle, préférant un prêt-à-penser aussi digeste que digital, fourni par la toute puissante Toile, où les moins ébahis commencent tout de même à repérer quelques araignées (puisqu'on y cherche fatalement à régner) !

A ce propos, j'avais demandé à un vieux philosophe pourquoi il ne s'intéressait pas à Internet. Il a répondu qu'il n'avait plus beaucoup de temps et qu'il préférait relire quelques livres importants avant de partir.

Sans doute faut-il ajouter, à l'occasion du décès de Maurice Nadeau, que l'ambiance, dans le milieu de l'édition française, qui diffuse également les écrits philosophiques, n'est guère plus inspirée que celle des dîners médiatiques où l'on célèbre la pensée contemporaine, dont la contemporanéité est d'ailleurs souvent abusive quand la date limite des idées proposées est passée depuis longtemps. Et la "pensée", qui s'énonce ainsi, n'est bien souvent qu'une farce étudiée qui, si elle n'était assortie d'un formidable comique involontaire, ferait parfois pleurer de rage !

 (SK)